Aujourd'hui, j'avais envie d'écrire. Dire que je ne comprends pas, par exemple, ou que je comprends, que je sais, ça revient absolument au même.
Ecrire et se taire. Difficile de se taire, difficile d'écrire, aussi. Je ne sais pas écrire, personne ne sait. On peut essayer d'écrire et essayer de vivre, mais jamais on ne pourra dire qu'on a réussi.
Levez-vous le matin, montez sur un gratte-ciel et gueulez que vous vivez, et vous vivrez, et vous aurez écrit. Taisez-vous, jetez-vous du haut de l'immeuble, et vous aurez encore écrit. Et vous aurez vécu.

Maintenant, taisez-vous. Et vivez.
# Posté le dimanche 13 juillet 2008 08:58

Vomir ses tripes, crier de dégoût, de terreur, se recroqueviller, petit tas informe agité de convulsions, murmurer : « non, non, non, non », pleurer sur son nombril, sentir le néant tourner autour de soi, tendre la main, chercher le bras d'un ami, où êtes-vous, pleurer, pleurer, pleurer ! Où êtes-vous, j'ai mal, je suis douleur rien d'autre, oh j'ai peur, je veux mourir, ne me laissez pas ne me laissez pas, hurler, se déchirer la gorge pour ne pas se déchirer l'âme, sentir la folie approcher, la repousser faiblement, je veux pas, je veux pas, laisse-moi connasse, laisse-moi ! Ouvrir péniblement les yeux, se mordre le poignet, un couteau, là, pas loin, vite.

C'est fini. Je gémis faiblement et jette un coup d'½il à mon avant-bras ensanglanté. C'est comme ça. J'ai mal à la gorge, mais ce n'est rien, non, ce n'est rien, c'est le prix. Je rampe jusqu'à ma table de nuit, cherche le petit tube et avale tout son contenu. Pied-de-nez à l'étiquette : « Trois gouttes par jour ». Je sais qu'avec ça je ne pourrai plus me redresser avant au moins deux heures, alors autant pioncer.


Des gens m'ont demandé ce qu'était une crise d'angoisse. C'est ça...
Exceptionnellement, je voudrais vous demander d'éviter les critiques inutiles.
# Posté le mercredi 18 juin 2008 13:02
Modifié le dimanche 13 juillet 2008 08:59

Le téléphone m'appela d'une voix blanche. Déjà à ce moment, je savais que je ne devais pas répondre.
Je l'ai quand même fait, allez savoir pourquoi. La curiosité, peut-être ? Cette simple envie de savoir ce qui m'arrivait en ce moment. Le téléphone m'apporta très facilement la réponse ; je ne voulus pas l'entendre ou, à défaut, ne pas le croire. Mais il avait préparé son coup, l'connard. J'ai pris une gifle dans la gueule, et puis une autre.
Je jetai un coup d'oeil à mes épaules : ils étaient recouverts d'un grand manteau bleu* qui s'étalait jusqu'à terre : je portais le même manteau que toutes les cocues du monde, que tous les joueurs de casino qui se sont faits avoir, que toutes les petites blondes de mon espèce qui avaient cru donner et recevoir sans regarder. Quelqu'un d'autre avait compté pour elles.
Cracher sur le téléphone ne servit à rien, ni même le fendre à coups de hache. Étonnant.
Je courus jusqu'au miroir. Beurk. Imaginez-vous une poule plumée, sans crête ni bec, le teint cramoisi, une grosse tignasse approchant la couleur de la paille traînée dans la merde de vache sur le crâne, et vous êtes pas loin. Délicieux spectacle.
Je me hais. Ce doit être ça. Le téléphone n'est rien, rien qu'un messager de plus. "Tu ne vaux pas plus qu'un radiateeeur !" (ou qu'une fenêtre, hein, ceci dit, ça revient au même) Encore que... je ne m'estimerais pas à tant que ça.
Je ne suis pas utile, moi. Je gêne, j'empêche, j'encombre, je dérange, j'insinue, je glisse, je rampe, j'avance, je crie, je tue, j'ouvre, je vis. Où es-tu ?




* l'image d'une personne recouvrant une autre d'un grand manteau bleu représente la duperie : la grande capuche tombe devant les yeux, masquant la vérité.

# Posté le mercredi 11 juin 2008 13:12

"Je suis à vous dans cinq minutes !"

Non, je ne suis pas à vous, ni dans cinq minutes ni jamais. Je suis seule dans la foule et je n'aime que ça. Je crie mon orgueil à l'oreille des passants. Ecoutez-moi, gros cons, qu'est-ce que vous avez de plus pressé à faire ? Ce soir, tu rentreras, tu baiseras un peu ta femme et puis tu diras chut, les enfants dorment. Voilà, et puis le lendemain tu repartiras bosser et dans ton métro pourri tu voudras gueuler : "Hier j'ai baisé ma femme et j'ai dit chut, les enfants dorment ! Demain, je baiserai ma fille et je dirai chut, ta mère est rentrée."

La société. Qui a confiance en la société ? Pas moi. Parce qu'en 43, un petit juif a eu un revolver allemand pour seule enfance et que maintenant, le même gosse pleure au coin de la rue parce qu'il va mourir aussi mais ne le sait pas encore.

La société n'existe pas : ce n'est qu'un tas de sinistres individus qui font avancer la masse dans les escalators bondés. La société me prend, par devant et par derrière ! Mais je ne suis pas l'Individu.

J'ai et je suis : il faudra tout prendre ou tout laisser.

Et si vous ne prenez pas, madame, ce sera quelqu'un d'autre. Et si quelqu'un d'autre ne prend pas, ça pourrira. Mais ce n'est pas grave.
Je suis seule dans la foule et je n'aime que ça.
# Posté le lundi 09 juin 2008 11:55

NOTE DE SERVICE

Juste pour mettre certaines choses au clair :

1) Je ne suis pas du tout contre les commentaires négatifs.
2) Je valide ceux-ci.
3) Je trouve très intéressant de discuter sur des avis divergents seulement si le commentaire est rédigé de manière constructive et non-agressive.
4) Dans le cas contraire, je mords, désolée, je devrais pas mais chuis comme ça...
# Posté le jeudi 05 juin 2008 14:54